La justice bolivienne est en deuil et sous haute tension. Víctor Hugo Claure, doyen du Tribunal Agro-environnemental, a été abattu en pleine rue dans la nuit du jeudi 30 avril au vendredi 1er mai. Cet assassinat ciblé a poussé les autorités à placer treize autres magistrats sous protection policière immédiate.
Le choc est immense dans la ville de Santa Cruz, moteur économique du pays, après l’exécution de l’une des plus hautes figures juridiques de Bolivie. Víctor Hugo Claure, qui occupait les fonctions de doyen au sein du Tribunal Agro-environnemental la plus haute instance du pays pour les litiges fonciers et environnementaux , a succombé à ses blessures après une attaque d’une rare violence.
Les faits se sont déroulés peu avant minuit. Le magistrat circulait à bord d’un taxi lorsqu’il a été intercepté par deux individus circulant à moto. Selon le commandant départemental de la police, le colonel David Gómez, l’un des assaillants a ouvert le feu à bout portant sur le véhicule.
Le rapport d’autopsie, communiqué par le procureur Alberto Zeballos, est accablant : le juge a été atteint par quatre projectiles, touchant les poumons et le cœur. Malgré son transfert d’urgence à l’hôpital San Juan de Dios, Víctor Hugo Claure est arrivé sans signes vitaux.
Bien que l’enquête ne soit qu’à ses débuts, les autorités privilégient déjà une thèse précise. Le colonel Gómez a déclaré lors d’une conférence de presse :
« Nous privilégions l’hypothèse d’un conflit lié à la propriété foncière. Le magistrat aurait récemment rendu des résolutions concernant la possession ou l’exploitation de terres dans l’est de la Bolivie. »
Cette région est historiquement le théâtre de tensions violentes entre grands propriétaires terriens, mouvements paysans et intérêts industriels, un terrain sur lequel le Tribunal Agro-environnemental joue un rôle d’arbitre crucial et souvent dangereux.
L’assassinat survient alors qu’un sommet judiciaire réunissait plusieurs hauts responsables à Santa Cruz. Craignant que cet acte ne soit le début d’une série d’attaques, le gouvernement a ordonné le renforcement immédiat de la sécurité pour 13 autres magistrats présents dans la ville.
Ces mesures de protection incluent des escortes permanentes pour leurs déplacements urbains ainsi que pour leur transfert vers l’aéroport lors de leur retour vers la capitale.
L’Organisation des Nations Unies (ONU) en Bolivie a immédiatement condamné ce crime, le qualifiant d’attaque directe contre l’État de droit. Dans un communiqué, l’organisation a appelé à une « enquête prompte et exhaustive » pour identifier les auteurs matériels et intellectuels de l’assassinat. De son côté, le président Rodrigo Paz a exprimé sa solidarité avec la famille de la victime, tout en appelant la population au calme.
À l’heure actuelle, les enquêteurs exploitent les images de vidéosurveillance et les témoignages des autres passagers présents dans le taxi pour tenter de retrouver la trace des deux tueurs à gages.
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