Haïti/ Election: Antonal Mortimé dénonce une tentative de mise sous tutelle du CEP par la Primature

Haïti/ Election: Antonal Mortimé dénonLa tension monte d’un cran autour du processus de transition en Haïti. Le directeur exécutif de l’organisation de défense des droits humains Défenseurs Plus, Antonal Mortimé, est monté au créneau pour dénoncer vigoureusement le projet de décret électoral élaboré par l’exécutif. Selon le militant, ce document n’a qu’un seul objectif réel : placer le Conseil Électoral Provisoire (CEP) sous le contrôle direct de la Primature.

C’est un pavé dans la mare que vient de jeter le responsable des droits humains. Alors que le gouvernement de facto affirme vouloir avancer vers des joutes démocratiques, le texte juridique qu’il prépare en coulisses essuie déjà de vives critiques. Pour Antonal Mortimé, ce projet de décret souffre d’un vice de fabrication majeur : il viole de front la charte fondamentale du pays.

Le directeur de Défenseurs Plus rappelle que l’indépendance de l’organe électoral n’est pas une option, mais une obligation constitutionnelle. En ciblant l’article 191 de la Constitution qui consacre l’autonomie absolue du CEP, Antonal Mortimé accuse l’exécutif de vouloir s’octroyer un droit de regard dangereux sur l’arbitre des futures élections.

« Plusieurs dispositions de ce projet de décret placent ouvertement le CEP sous l’influence directe du gouvernement, ce qui risque de compromettre gravement la sincérité des scrutins à venir », s’inquiète le défenseur des droits humains.

Parmi les zones d’ombre qui fâchent, une disposition en particulier cristallise les tensions : le fait que seul le Premier ministre de facto aurait le pouvoir de valider le code de déontologie du CEP.
Pour les observateurs de la société civile, cette clause est inacceptable. Permettre à la Primature de dicter ou de valider les règles éthiques et professionnelles des conseillers électoraux revient à détruire le principe de séparation des pouvoirs et à transformer le CEP en une simple extension du pouvoir exécutif.

Face à ce qu’il qualifie de dérive, Antonal Mortimé lance un appel pressant au gouvernement de facto pour qu’il « se saisisse ». Selon lui, la légitimité d’un processus électoral en période de crise ne peut pas naître de décrets unilatéraux ou contestés.

Le responsable de Défenseurs Plus exhorte l’exécutif à faire machine arrière et à engager un véritable dialogue inclusif :

S’asseoir urgemment avec les dirigeants politiques de l’opposition et de la société civile.

Collaborer sainement avec les membres du CEP pour co-construire un cadre électoral digne de ce nom.

Garantir des élections crédibles, transparentes et honnêtes, totalement affranchies de l’ombre tutélaire du pouvoir exécutif.

Alors que le pays s’enfonce dans une crise multidimensionnelle, la bataille pour le contrôle de la machine électorale ne fait que commencer. Reste à savoir si la Primature entendra les avertissements des organismes de droits humains ou si elle choisira de passer en force au risque de plonger le pays dans une nouvelle impasse post-électorale.

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