C’est un séisme idéologique qui vient de secouer la capitale cubaine. Face à une crise multidimensionnelle sans précédent depuis les années 1990, marquée par des pénuries drastiques et des coupures d’électricité atteignant parfois 20 heures par jour, le gouvernement communiste a choisi de bousculer ses propres dogmes. L’Assemblée nationale a validé à l’unanimité un plan d’urgence historique contenant 176 mesures de libéralisation économique.
Présenté par le Premier ministre Manuel Marrero, ce catalogue de réformes libère considérablement le secteur privé et le capital étranger. Désormais, les investisseurs internationaux ne seront plus contraints de s’associer à l’État sous forme de coentreprises pour s’implanter sur l’île. Autre révolution de taille : les entreprises privées locales pourront désormais employer plus de 100 salariés, et les citoyens seront autorisés à posséder plusieurs sociétés ou à détenir des comptes bancaires en devises étrangères sans intermédiaire étatique.
Si le président Miguel Díaz-Canel cite volontiers les modèles chinois et vietnamien pour justifier cette ouverture contrôlée, il insiste sur le fait que ces réformes visent à « préserver le socialisme » et non à y renoncer. Pour les économistes, il s’agit pourtant du virage structurel le plus profond opéré sur l’île depuis la révolution de 1959.
Acculé par l’effondrement du tourisme et le durcissement des sanctions internationales, le régime de La Havane joue ici sa survie politique et économique.
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