Rubén Rocha Moya, gouverneur de l’État du Sinaloa, a annoncé le samedi 22 août se mettre de nouveau en retrait de ses fonctions. Ce revirement survient au lendemain d’un retour-surprise qui avait provoqué une vive polémique et attiré les foudres du gouvernement fédéral.
L’élu de 77 ans, visé par une procédure judiciaire du parquet fédéral de New York pour trafic de drogue et collusion présumée avec le célèbre cartel du Sinaloa, avait initialement cédé sa place le 1er mai dernier lorsque la justice américaine avait réclamé son arrestation et son extradition.
Son retour inattendu aux commandes de cet État stratégique du nord-ouest du pays a immédiatement suscité une levée de boucliers. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a publiquement critiqué cette réintégration, condamnant fermement les responsables politiques plaçant leurs intérêts personnels au-dessus de ceux de la nation. Face à cette pression politique intense, Rubén Rocha Moya a dû rétropédaler en soumettant une nouvelle demande de congé temporaire à durée indéterminée au Congrès local.
Cette affaire illustre les tensions persistantes entre Washington et Mexico autour du narcotrafic. Les autorités américaines ciblent activement le cartel du Sinaloa pour son rôle central dans le trafic de fentanyl, une drogue de synthèse responsable de dizaines de milliers de morts par surdose aux États-Unis.
La gestion de ce dossier empoisonne la scène politique mexicaine, mettant à l’épreuve la volonté de l’exécutif fédéral de faire preuve d’intégrité face aux accusations d’ingérence et de corruption visant des personnalités de premier plan. Le Congrès de l’État du Sinaloa devait examiner en urgence cette nouvelle mise en retrait pour tenter de stabiliser la gouvernance locale.
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