États-Unis : Traqué par la honte d’un bracelet électronique, un jeune étudiant haïtien met fin à ses jours

 Pierre Damas Bel, un jeune ressortissant haïtien prometteur installé aux États-Unis, s’est donné la mort ,le lundi 31 août 2026. Dépouillé de son Statut de protection temporaire (TPS) et contraint de porter un bracelet électronique GPS imposé par le Département de la Sécurité intérieure (DHS), l’étudiant n’a pas supporté l’opprobre et l’isolement social générés par cette mesure.

​Rien ne prédestinait pourtant ce jeune homme à un tel destin. Élève modèle et appliqué, Pierre Damas Bel avait terminé ses études secondaires avec mention. Anime par une vocation profonde d’engagement, il s’était illustré au sein du programme de formation des officiers de réserve (ROTC) et nourrissait le rêve d’intégrer un jour l’armée américaine. Il poursuivait depuis son cursus universitaire à la prestigieuse Wright State University.

​Le basculement s’est opéré à la fin du mois de juillet 2026. Convoqué par les services de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), le jeune homme s’est vu imposer la pose d’un bracelet électronique à la cheville, marquant le début d’une lente descente aux enfers psychologique.

​« Je suis venu dans ce pays pour poursuivre mes études, je ne suis pas venu pour commettre un crime ou faire du mal à qui que ce soit. Et pourtant, me voilà à marcher dans les rues des États-Unis avec un bracelet électronique à la jambe, rongé par un sentiment de honte et d’humiliation que je n’aurais jamais imaginé ressentir. »Pierre Damas Bel, sur son compte Instagram le 30 juillet 2026.

​Intervenant ce mardi 1er septembre sur les ondes de la station haïtienne Panel Magik, Viles Dorsainvil, représentant du Haitian Community Help and Support Center de Springfield, a relayé le témoignage poignant du père de la victime, Pierre Ronald Bel.

​Le matin du 31 août, peu après avoir quitté le domicile familial, Pierre Damas Bel a contacté son père une dernière fois pour exprimer sa souffrance persistante depuis l’imposition du bracelet. « Son père lui a répondu : « Je suis désolé, mon fils. On en reparlera quand tu rentreras de l’école. » C’est arrivé peu après cet appel », a confié Viles Dorsainvil avec une vive émotion.

​Ce drame remet en lumière le coût psychologique et humain dévastateur des méthodes de surveillance électronique appliquées indistinctement aux demandeurs d’asile et aux étudiants étrangers privés de statut légal aux États-Unis.

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