L’Artibonite à feu et à sang : Le commissariat de Marchand-Dessalines incendié par les « Kokorat San Ras »

La descente aux enfers se poursuit pour le département de l’Artibonite. Hier mardi 6 mai 2026, les criminels du groupe armé « Kokorat San Ras » ont franchi un nouveau palier dans l’horreur en incendiant le commissariat de Marchand-Dessalines. Entre l’arrogance des gangs et le mutisme jugé complice des autorités, la population, aux abois, ne sait plus à quel saint se vouer.

‎ Marchand-Dessalines, haut lieu de l’histoire nationale, porte désormais les stigmates de l’impuissance de l’État. Les flammes qui ont ravagé le commissariat local ce mardi ne sont pas seulement le signe d’un acte de vandalisme, mais le symbole d’une autorité publique totalement évincée par la loi des gangs.

‎Le groupe armé « Kokorat San Ras », qui terrorise le Bas-Artibonite depuis des mois, a une nouvelle fois démontré sa capacité de nuisance. En s’attaquant directement au siège de la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans cette commune, les bandits envoient un message clair : aucune institution n’est à l’abri.

‎Selon les témoignages recueillis, l’attaque s’est déroulée dans un climat de terreur, laissant les infrastructures policières en cendres et la ville sans aucune protection institutionnelle. Désormais, dans le Bas-Artibonite, ce sont les criminels qui règnent en maîtres absolus, dictant leur loi aux résidents et aux usagers de la route.

‎Cette nouvelle escalade de violence survient alors que la tension était déjà à son comble dans la région. Cette semaine, des milliers de Saint-Marcois ont gagné les rues pour dénoncer l’insécurité galopante. Barricades, slogans hostiles au gouvernement, cris de détresse : la population exige des actions concrètes pour freiner l’expansion des foyers de gangs.

‎ « Nous crions, mais personne ne nous écoute. Les autorités font la sourde oreille pendant que nous mourons sous les balles ou que nos maisons sont brûlées », fustige un manifestant à Saint-Marc.

‎Malgré l’urgence de la situation et les appels répétés au secours, le gouvernement et le haut commandement de la police se murent dans un silence jugé « complice » par de nombreux observateurs. Aucune opération d’envergure n’a été lancée pour déloger les « Kokorat San Ras » ou sécuriser les axes routiers stratégiques de la région.

‎Ce manque de réaction renforce le sentiment d’abandon d’une population qui voit son département — jadis grenier du pays — se transformer en une vaste « zone de non-droit ». Aujourd’hui, Marchand-Dessalines pleure son commissariat, et l’Artibonite tout entière se demande qui sera la prochaine victime de cette indifférence étatique.

About Emmanuel Hubert

Check Also

Haïti/Insécurité : Plus de 5 300 déplacés et un silence pointé du doigt

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a dressé un bilan alarmant : depuis le 10 …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partager
Partager