Nicaragua : l’exécutif prend le contrôle total du pays, l’ONU dénonce une situation « indéfendable

​Le constat dressé par les Nations unies est sans appel. Mercredi, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a alerté sur une concentration alarmante du pouvoir entre les mains de l’exécutif et du parti auvergnat au Nicaragua. La publication d’un nouveau rapport accablant met en lumière le « démantèlement progressif des institutions démocratiques et de l’État de droit », sonnant le glas de la séparation des pouvoirs dans le pays centraméricain.

​Le document de l’ONU détaille une « prise de contrôle quasi totale » des leviers étatiques par le régime du président Daniel Ortega. Parmi les faits marquants de cette emprise :

​Un verrouillage législatif et électoral : Début septembre, l’Assemblée nationale a approuvé à l’unanimité une réforme constitutionnelle visant à exclure les opposants de toute compétition électorale.

​Une hégémonie territoriale : Le parti au pouvoir exerce un contrôle absolu sur le pouvoir législatif, l’ensemble des 153 municipalités du pays ainsi que sur les deux conseils régionaux de la côte caraïbe.

​La subordination des organes de contrôle : Une législation adoptée l’an dernier a placé de jure plusieurs institutions de contrôle essentielles directement sous l’autorité du chef de l’État.

​« Le parti au pouvoir contrôle l’ensemble des institutions, mettant fin de facto à la séparation des pouvoirs », a souligné Volker Türk, qualifiant la situation d’« absolument indéfendable ».

​Au-delà de la sphère institutionnelle, le rapport documente un « recours systématique aux détentions arbitraires comme principal outil de répression ». Entre juin 2025 et juin 2026, la société civile recensait au moins 46 personnes toujours détenues.

​Le Haut-Commissariat a également documenté des violations graves des droits fondamentaux :

​Au moins huit cas de disparition forcée.

​Quatre décès en détention directement imputés aux autorités.

​Une impunité généralisée renforcée par le manque de coopération du gouvernement et la peur des représailles.

​L’asphyxie de l’opposition s’illustre également par la disparition quasi totale des espaces de contestation et d’expression indépendante.

​5 539 organisations de la société civile ont été arbitrairement dissoutes en l’espace de huit ans, dont quatre nouvelles structures au cours de la seule année écoulée.

​56 médias ont été contraints de fermer leurs portes sur la même période.

​Les confiscations judiciaires de biens sont désormais employées de manière systématique pour s’accaparer les actifs des voix dissidentes.

​« Il ne reste presque plus rien à fermer », a résumé le Haut-Commissaire, illustrant l’ampleur de la chape de plomb qui pèse désormais sur le Nicaragua.

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