Le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption est monté au créneau ce dimanche 27 septembre 2026. Dans une note de presse rendue publique, l’organisation réclame une intervention urgente de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) autour de la gestion d’une enveloppe de 2,5 milliards de gourdes destinées à appuyer 140 000 parents vulnérables pour la rentrée des classes.
Annoncé en grande pompe le 19 août dernier par le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), le Dr Vijonet Déméro, et le directeur général du Fonds d’assistance économique et sociale (FAES), Kesner Romilus, ce programme de subvention prévoyait le versement direct de 15 000 gourdes par parent via les services de paiement mobile MonCash et Natcash. Plus de trois semaines après le lancement officiel de l’année scolaire, fixé au 7 septembre, la majorité des bénéficiaires ciblés dans les zones défavorisées n’auraient toujours rien reçu.
Un flou arithmétique de 400 millions de gourdes
Au-delà des retards constatés sur le terrain, le RHAJAC met en lumière une incohérence majeure dans les chiffres officiels. Selon les calculs présentés par la structure de journalistes, l’allocation de 15 000 gourdes destinée aux 140 000 parents identifiés requiert un montant total de 2,1 milliards de gourdes.
Une question centrale demeure alors sans réponse : quelle est la destination exacte des 400 millions de gourdes résiduels figurant dans l’enveloppe globale de 2,5 milliards de gourdes annoncée par les autorités ?
S’appuyant sur des témoignages de parents en colère dans la presse et sur les réseaux sociaux, ainsi que sur des révélations émanant sous couvert d’anonymat de cadres du ministère, le RHAJAC évoque de lourdes présomptions de détournement de fonds impliquant les plus hauts responsables du MENFP et du FAES.
Face à ces révélations, le secrétaire général du réseau, Djovany Michel, demande formellement à l’ULCC de passer au peigne fin l’ensemble du circuit financier de cette opération. L’enquête devra notamment déterminer :
* Le montant net effectivement transféré au FAES et distribué aux parents ;
* Le nombre réel de bénéficiaires vérifiés via le Système d’Information pour la Gestion Éducative (SIGE) ;
* La justification détaillée des frais administratifs ou technologiques liés aux opérateurs de téléphonie mobile ;
* Les mécanismes de contrôle déployés pour éviter la création de listes fictives ou de doublons.
Le RHAJAC exhorte également le gouvernement à publier sans délai un bilan chiffré et auditable de l’utilisation de ces 2,5 milliards de gourdes, tout en garantissant la protection des données personnelles des familles touchées par la crise sécuritaire et économique qui sévit dans le pays.
Echojounal echojounal.net