À moins d’un mois d’une élection présidentielle sous haute tension, le géant sud-américain est secoué par un scandale tentaculaire au croisement de la haute finance et de la justice. La République brésilienne retient son souffle alors que les récents rebondissements de l’affaire du Banco Master menacent directement l’une des figures institutionnelles les plus puissantes du pays : le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, tristement célèbre auprès des conservateurs pour avoir mené la charge contre l’ancien président Jair Bolsonaro.
La tempête s’est intensifiée avec la levée partielle du secret professionnel sur des pans clés de l’enquête concernant la chute retentissante du Banco Master et de son fondateur, Daniel Vorcaro, incarcéré l’an dernier. Les documents exhumés par les enquêteurs de la Police fédérale révèlent l’existence d’un contrat pharaonique de plus de 130 millions de reais (environ 21 millions d’euros) conclu entre l’établissement bancaire et le cabinet d’avocats de Viviane Barci de Moraes, épouse du magistrat.
Au-delà de la simple représentation juridique, les pièces versées au dossier indiquent que cette convention couvrait des prestations de consultuzion stratégique et de suivi d’enquêtes sensibles, plongeant le pilier de la Cour suprême dans un bourbier éthique et judiciaire sans précédent. Alors que le magistrat exige une centralisation des procédures pour éviter tout « tumultes processuel », l’Ordre des avocats du Brésil (OAB) est monté au créneau pour réclamer des investigations rigoureuses, « sans distinction de fonction ni de privilège ».
Ce séisme institutionnel rebat les cartes d’une campagne présidentielle déjà suffocante de polarisation. À quatre semaines du scrutin, la course s’annonce extrêmement serrée entre deux visions diamétralement opposées du pays :
- Luiz Inácio Lula da Silva, à 80 ans et actuel locataire du Planalto, tente de capitaliser sur les indicateurs macroéconomiques stables de son gouvernement de gauche.
- Flávio Bolsonaro, sénateur de 45 ans et digne héritier politique de son père (condamné et assigné à résidence), mobilise l’électorat conservateur et anti-système en surfant sur la colère populaire face à ces affaires de corruption.
Alors que les derniers sondages attestent d’un resserrement drastique des écarts entre les deux finalistes potentiels, l’implication collatérale du pouvoir judiciaire dans le scandale financier du Banco Master offre une munition inespérée à l’opposition. Le camp bolsonariste dénonce avec virulence la partialité d’une élite judiciaire qu’il accuse de connivence, transformant cette crise politico-financière en un référendum brûlant sur la probité des institutions démocratiques brésiliennes.
Echojounal echojounal.net