La Force de répression des gangs (FRG) ne sera pas la gardienne directe des urnes. C’est en substance ce qu’a précisé Diego Da Rin ce mardi 29 septembre sur les ondes de Magik 9, un an tout juste après l’adoption de la résolution 2793 du Conseil de sécurité de l’ONU instaurant la mission. Tout en écartant un mandat logistique ou direct dans l’organisation des opérations électorales, le spécialiste a rappelé la priorité fondamentale de la force : libérer le territoire du joug des bandes armées pour offrir une fenêtre démocratique aux millions de citoyens haïtiens.
Intervenant sur la situation sécuritaire, Diego Da Rin a tenu à dissiper toute confusion quant à l’implication sur le terrain de la FRG lors des scrutins à venir. « La FRG n’a pas dans son mandat des tâches spécifiques pour la préparation des élections », a-t-il déclaré, soulignant que la mission vise avant tout à « créer un environnement de sécurité qui permet aux autorités haïtiennes d’avancer dans une stabilisation plus vaste ».
Pour la mission, l’urgence demeure le désenclavement des routes nationales et la reprise des zones sous l’emprise des groupes criminels. Une stratégie de reconquête qui servira toutefois le processus démocratique de manière indirecte :
* Liberté de mouvement : Offrir la possibilité aux candidats de mener campagne dans l’ensemble des départements sans menace directe.
* Participation citoyenne : Permettre aux résidents des quartiers historiquement contrôlés par les gangs de se rendre aux urnes sans crainte d’intimidations ou de représailles.
Alors que le premier tour est théoriquement planifié pour le 13 décembre prochain, les contraintes opérationnelles sur le terrain pourraient contraindre l’exécutif à revoir ses plans. Selon M. Da Rin, le gouvernement haïtien sera appelé dans les jours qui viennent à prendre une « décision difficile » concernant un éventuel ajustement du calendrier électoral.
« Les autorités haïtiennes devront prendre une décision sur la proportion de territoire qu’elles veulent reprendre des gangs dans différentes régions et se fixer des objectifs clairs et des perspectives réalistes. »
Cette réévaluation devra tenir compte du rythme d’interventions de la FRG, du déploiement progressif des troupes et de la période d’adaptation nécessaire aux forces internationales sur le terrain.
Dix ans après la tenue des dernières élections dans le pays, les préparatifs administratifs franchissent pourtant des étapes décisives sous la houlette du Conseil électoral provisoire (CEP).
L’incertitude autour du soutien logistique rappelle le rôle clé joué lors des précédentes échéances, notamment en 2006, par la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). À l’époque, la force onusienne avait pris en charge l’acheminement du matériel sensible depuis Port-au-Prince vers les zones isolées et son retour au centre de tabulation. La question du portage logistique pour le scrutin à venir reste entière au moment où s’engagent ces arbitrages sécuritaires majeurs.

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