Le dimanche 3 mai 2026, les routes du sud de la République dominicaine ont vibré au rythme des slogans écologistes. Des centaines de manifestants se sont réunis pour contester le projet minier « Romero », porté par la société canadienne GoldQuest. Entre défense des ressources naturelles et promesses de développement économique, le pays est plus que jamais divisé.
Le cri est unanime : « El agua es vida » (l’eau, c’est la vie). Hier, une marée humaine a défilé jusqu’au barrage de Sabaneta, dans la province de San Juan. L’enjeu ? Un gisement de cuivre et d’or estimé à plus de 5 milliards de dollars, situé à proximité des sources qui alimentent les terres agricoles de toute la région.
Pour les habitants de San Juan, le projet Romero représente une menace existentielle. Juana Ramon, habitante locale rencontrée lors de la marche, ne cache pas son angoisse : « S’ils exploitent cette mine, ils vont gâcher notre eau. Nous serons obligés de partir. » Le barrage de Sabaneta ne fournit pas seulement de l’énergie hydroélectrique ; il irrigue plus de 30 000 hectares de cultures de riz, de haricots et de bananes plantains. Les agriculteurs craignent une contamination des sols similaire à celle dénoncée par le passé dans d’autres zones minières du pays, comme à Cotuí. « On va manger de la poussière au lieu de nos produits »*, s’insurge Leuri Camarena, producteur local.
L’administration actuelle semble accorder son aval au projet, y voyant une source de revenus substantielle pour l’État. De son côté, l’entreprise GoldQuest assure que son processus d’extraction souterraine aura un impact environnemental limité. Cependant, la méfiance populaire reste tenace, alimentée par des années de tensions sociales liées à l’extraction des ressources.
Ces manifestations interviennent dans un contexte complexe pour la République dominicaine. En plus des revendications écologiques, le pays a été marqué ces derniers mois par :
Des tensions migratoires : Des mouvements nationalistes continuent de manifester contre les plans de régularisation et la pression migratoire à la frontière haïtienne.
Des catastrophes climatiques : Le pays se remet à peine d’inondations dévastatrices en avril 2026 qui ont fait sept morts et déplacé plus de 30 000 personnes.
Face à cette mobilisation d’ampleur à Sabaneta, le gouvernement pourrait être contraint de réévaluer le calendrier du projet minier. Pour l’heure, le collectif de manifestants promet de durcir le mouvement si les licences d’exploitation définitives sont accordées.
Le ministère des Affaires étrangères a recommandé aux voyageurs de faire preuve d’une grande prudence et d’éviter les rassemblements à Saint-Domingue et dans le sud du pays, où les manifestations peuvent évoluer de manière imprévisible.
Echojounal echojounal.net