Le Pérou s’enfonce un peu plus dans l’incertitude. Au terme d’un premier tour présidentiel marqué par un chaos logistique et une fragmentation record du paysage politique, le pays andin se dirige vers un duel fratricide. Selon les résultats partiels consolidés ce 16 avril 2026, le second tour prévu pour le 7 juin opposera deux figures indissociables des crises passées : la conservatrice Keiko Fujimori et le candidat de la gauche radicale Roberto Sánchez.
Ce face-à-face sonne comme un éternel recommencement pour une nation qui a vu défiler neuf présidents en une décennie.
Keiko Fujimori (Fuerza Popular) : Pour sa quatrième tentative, la fille de l’ancien autocrate Alberto Fujimori arrive en tête avec environ 17 % des voix. Elle porte l’héritage complexe de son père, oscillant entre nostalgie d’un ordre sécuritaire et rejet massif d’une partie de la population qui voit en elle le symbole de la corruption systémique.
Roberto Sánchez (Juntos por el Perú) : En embuscade avec environ 12,5 % des suffrages, il s’est imposé de justesse face à l’ultraconservateur Rafael López Aliaga. Sánchez se présente comme l’héritier politique de Pedro Castillo, l’ancien président dont la tentative d’auto-coup d’État en 2022 avait plongé le pays dans une crise institutionnelle sans précédent.
Le vote du dimanche 12 avril a été le reflet de l’état du pays : dysfonctionnel. Des dizaines de bureaux de vote n’ont pu ouvrir à temps, forçant les autorités à prolonger le scrutin jusqu’au lundi pour permettre à des milliers de citoyens de voter.
« C’est un échec démocratique majeur », déplore Luis Gomez, un électeur de 60 ans interrogé à Lima. « Nous ne savons même plus si les résultats reflètent la volonté du peuple ou l’organisation désastreuse du système. »
Malgré l’absence de preuves de fraude selon les observateurs de l’Union européenne, les accusations fusent déjà des deux côtés, alimentant un climat de méfiance généralisée.
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