La Plaine du Cul-de-Sac a franchi un nouveau cap dans l’horreur cette semaine. Un employé de la prestigieuse société Rhum Barbancourt a été fauché par balles, victime d’une guerre de gangs qui ne connaît plus de limites. Face à ce drame, Delphine Gardère, PDG de l’entreprise, brise le silence et pointe du doigt l’inertie complice des autorités de fait.
C’est un cri du cœur qui résonne comme un réquisitoire. Delphine Gardère, à la tête de l’un des derniers fleurons de l’industrie nationale, n’a pas mâché ses mots sur les réseaux sociaux. L’assassinat d’un membre de son personnel n’est pas un incident isolé, mais le symptôme d’une faillite sécuritaire totale dans une zone stratégique abandonnée aux seigneurs de la guerre.
Un quotidien de sang et de feu
Dans la Plaine du Cul-de-Sac, la vie ne tient plus qu’à un fil. Le constat dressé par Madame Gardère est apocalyptique : des civils abattus de sang-froid, des femmes enceintes et des enfants pris pour cibles, et des milliers de familles condamnées à l’exode pour ne pas mourir sous les décombres de leurs propres maisons.
L’insécurité n’est plus seulement un obstacle au commerce ; c’est une machine à broyer l’humain qui tourne à plein régime, sous le regard impassible de ceux qui prétendent diriger le pays.
Le point le plus saillant de l’intervention de la PDG de Barbancourt concerne la responsabilité des autorités. Selon ses déclarations, le secteur privé n’a cessé d’alerter :
Multiples notes de presse restées sans réponse.
Demandes répétées de sécurisation ignorées.
Alertes rouges envoyées par les entreprises locales face aux impacts de balles quotidiens sur leurs infrastructures.
Malgré ces signaux de détresse, le gouvernement de fait semble avoir opté pour la politique de l’autruche. « Ils font la sourde oreille », déplore Delphine Gardère. Cette absence de réaction soulève une question fondamentale : à quoi sert un État qui ne peut garantir ni la libre circulation, ni le droit sacré à la vie de ses citoyens ?
En touchant Barbancourt, les gangs s’attaquent à un symbole de la résilience haïtienne. Si même une institution de cette envergure, moteur économique et employeur majeur, ne peut protéger ses cadres et ses ouvriers, quel espoir reste-t-il pour le petit commerçant ou le cultivateur de la zone ?
La « terreur totale » dénoncée par Madame Gardère n’est pas une fatalité, mais le résultat d’un abandon systématique des zones périphériques de la capitale. Aujourd’hui, la Plaine du Cul-de-Sac est un cimetière à ciel ouvert, et le silence des autorités ressemble, chaque jour un peu plus, à un aveu d’impuissance, sinon de complicité.
L’heure n’est plus aux communiqués de sympathie, mais à une action radicale. Car pour l’instant, dans la plaine, le seul langage qui prévaut est celui de la poudre, et le prix à payer est celui du sang innocent.
Echojounal echojounal.net