Haïti/Cri de détresse du secteur privé : La Route Nationale #1 prise en otage

Face à l’insécurité galopante qui paralyse les principaux axes routiers du pays, trois fleurons de l’industrie haïtienne  Barbancourt, Brasserie de la Couronne et Séjourné ont rompu le silence ce jeudi. Dans une déclaration conjointe, ces entreprises alertent sur le délabrement sécuritaire de la Route Nationale #1 (RN1) et exigent une intervention immédiate de l’État.

L’économie nationale est-elle au bord de l’asphyxie totale ? C’est la question qui brûle les lèvres après la sortie médiatique commune de trois des plus grands employeurs du pays. Pour ces institutions historiques, la situation sur la Route Nationale #1 n’est plus seulement un défi logistique, c’est une menace existentielle.

Depuis plusieurs mois, le tronçon nord menant à la capitale est devenu une zone de non-droit. Le contrôle exercé par les groupes armés sur cet axe stratégique bloque l’approvisionnement en matières premières et stoppe net la distribution des produits vers les départements de l’Artibonite et du Nord.

 

En « tirant la sonnette d’alarme », Barbancourt, Couronne et Séjourné soulignent que l’impuissance des autorités actuelles force les entreprises à opérer dans un environnement de siège. « Il ne s’agit plus de simples retards de livraison, mais de l’incapacité physique de circuler sans mettre en péril la vie des employés », confie une source proche du dossier.

L’exigence est claire : une intervention musclée et coordonnée des forces de l’ordre pour « reprendre le contrôle de la zone ». Cette coalition d’entreprises rappelle que la libre circulation est un droit constitutionnel et une condition sine qua non à la survie de l’investissement privé en Haïti.

Les conséquences d’un statu quo seraient catastrophiques :

Pénuries massives sur les marchés régionaux.

Risques de licenciements techniques si la production reste stockée dans les entrepôts.

Chute des recettes fiscales pour un État déjà exsangue.

Cet appel conjoint place le gouvernement et le haut commandement de la Police Nationale d’Haïti (PNH) devant leurs responsabilités. Jusqu’ici, les opérations menées sur la RN1 ont eu des résultats éphémères.

Pour les observateurs économiques, si des géants comme la Brasserie de la Couronne ou Barbancourt ne peuvent plus acheminer leurs produits, c’est tout le tissu social restant qui menace de s’effondrer. L’heure n’est plus aux promesses de sécurisation, mais à l’action concrète sur le terrain pour libérer cette voie devenue le symbole d’un pays coupé en deux.

About Angeline Michel

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