Alors que les familles haïtiennes suffoquent sous le poids d’une inflation galopante et que le prix du panier de la ménagère s’envole quotidiennement, une nouvelle vient frapper le pays d’un sentiment d’écœurement : le gouvernement haïtien a trouvé le moyen de décaisser 780 000 dollars américains (soit 65 000 dollars par mois) pour s’offrir les services de lobbyiste du stratège républicain Roger Stone.
Pendant que près d’un million de dollars s’apprêtent à renflouer les comptes d’une firme basée à Fort Lauderdale, la réalité du terrain haïtien offre le spectacle révoltant de la déchéance d’un peuple abandonné.
Cette dépense somptuaire intervient au moment même où la rentrée scolaire tourne au cauchemar pour la majorité des parents. Incapables de payer des frais de scolarité exorbitants ou d’acheter les fournitures de base, des milliers de mères et de pères de famille regardent leurs enfants rester à la maison. Pour d’autres, les établissements scolaires ne sont plus des lieux de savoir, mais des refuges de fortune occupés par les personnes déplace par la violence.
Plutôt que d’investir ces $780 000 dans des subventions scolaires, des cantines ou l’accès aux livres, l’État fait le choix de financer le train de vie d’un gourou de la politique américaine.
Sur le plan sécuritaire et économique, le constat est tout aussi alarmant :
Un quotidien sous contrôle des gangs : Les enlèvements et la terreur des groupes armés continuent de paralyser la capitale et les provinces.
La cherté de la vie : L’économie haïtienne s’enfonce dans la récession. Se nourrir est devenu un luxe quotidien pour plus de la moitié de la population.
La fuite des priorités : Le gouvernement prétexte un manque de moyens budgétaires pour rétablir l’ordre ou soutenir les services publics de santé et d’éducation, mais trouve l’argent nécessaire dès qu’il s’agit de négocier des faveurs politiques à Washington.
Payer un cabinet d’influence américain pour « protéger les intérêts d’Haïti » constitue une ironie tragique lorsque les intérêts fondamentaux de la population — manger, étudier, vivre en sécurité — sont bafoués par l’État lui-même.
Ce contrat FARA de 780 000 dollars n’est pas seulement une mauvaise décision budgétaire : c’est le symbole d’une rupture totale entre la classe dirigeante et le peuple haïtien. Une démonstration supplémentaire qu’à Port-au-Prince, la diplomatie de couloir prime sur la survie de la nation.
Echojounal echojounal.net